Pneus d'hiver

Le nouveau test de pneus hiver d’Autozurnal a mis à l’épreuve le nouveau pneu économique orienté neige.

Jiri Zelinka Auteur Jiri Zelinka
7 min de lecture

Les journées d’essais se sont déroulées autour d’Arvidsjaur, en Laponie suédoise, où le secteur migre chaque hiver pour bénéficier d’une glace, d’une neige et de températures négatives fiables. Le plateau mêlait des marques entrée de gamme et premium, ainsi que deux « jumeaux » partageant la même bande de roulement : Kormoran SUV Snow et Riken SUV Snow (tous deux sous la bannière Michelin et produits en Serbie). Le reste de la grille : Barum Polaris 6 (★83) (nouveau modèle CZ, appartenant au groupe Continental comme nous l’avions écrit), Michelin Alpin 7 (toute nouvelle premium), Tomket Snowroad SUV 3 (commercialisé comme tchèque, fabriqué en Chine), Lassa Competus Winter 2+ (TR) et CEAT WinterDrive SUV (IN).

Commençons par le poids : Barum et Michelin se sont montrés nettement légers, Michelin affichant la carcasse la plus légère (~10,1 kg) et Barum la seconde ; Tomket se situe à l’autre extrême (≈12,7 kg). Ces différences de masses non suspendues ne sont pas théoriques — des pneus plus légers améliorent la précision de direction et la filtration sur des revêtements hivernaux dégradés. Côté construction, la bande de roulement de Michelin reprend clairement le dessin en V du CrossClimate avec une lamellisation hivernale dense pour garder les blocs « actifs » par temps froid.

  • Dimension d’essai : 215/65 R17 ; véhicules type Tiguan, Karoq, Tucson, Sportage
  • Faits marquants du plateau : Michelin Alpin 7 (nouveau), Barum Polaris 6 (nouveau CZ), CEAT & Lassa comme outsiders à bon rapport qualité/prix ; Kormoran & Riken sont des jumeaux quasi identiques

La neige a livré l’enseignement le plus intéressant. Barum a dominé : meilleur en freinage, accélération et motricité sur neige, et deuxième en tenue de route sur neige ; l’écart entre le meilleur et le moins bon au freinage sur neige de 50 à 0 km/h n’était que de 1,6 m (Barum s’est arrêté en 24,7 m ; Tomket a eu besoin de 26,3 m). Michelin s’est situé au milieu du peloton sur neige — exactement ce qu’on attend d’un dessin visant l’équilibre toutes surfaces plutôt qu’un biais neige — tout en signant malgré tout un temps solide en maniabilité sur neige.

Sur le mouillé, Michelin a inversé la tendance et a tout simplement survolé les débats. Il a mené le freinage sur mouillé (52,4 m depuis 100 km/h), remporté l’aquaplanage longitudinal et dominé la tenue de route sur mouillé. CEAT a surpris comme dauphin au freinage sur mouillé (55,2 m), tandis que Lassa s’est régulièrement invité dans le groupe de tête sur les catégories mouillé, y compris deuxième en aquaplanage longitudinal. Barum a signé un tableau mouillé mitigé mais a gagné l’aquaplanage latéral et s’est placé tout près derrière Michelin/Lassa/CEAT en tenue de route sur mouillé.

  • Neige : Barum n°1 global sur neige ; Michelin au milieu mais propre (excellente maniabilité neige)
  • Mouillé : Michelin n°1 clair ; CEAT et Lassa se distinguent en valeur ; Barum gagne l’aquaplanage latéral

Le sec est le terrain où l’approche « équilibré partout » de Michelin a encore payé. Il a gagné ou partagé la première place en freinage sur sec (à égalité avec CEAT à 44,9 m depuis 100 km/h) et a pris la palme en tenue de route sur sec. Tomket, malgré ses difficultés sur neige et mouillé, s’est en réalité montré correct en dynamique sur sec (troisième au général sur sec), ce qui correspond à de nombreux pneus budget davantage réglés pour l’asphalte chaud que pour l’adhérence sur film d’eau ou neige tassée.

Le volet confort/efficience mérite d’être signalé. Barum a excellé en résistance au roulement et en bruit extérieur (à 50 et 80 km/h), avec Michelin tout près en RR et sur le podium en bruit. Pour l’usage quotidien — économie de carburant/d’autonomie et silence à bord — ces métriques comptent, surtout sur des SUV plus lourds qui convertissent de petits gains de RR en économies de consommation bien réelles.

  • Sec : Michelin l’emporte ; CEAT égale Michelin en freinage sur sec ; le point fort de Tomket, c’est le sec
  • NVH & efficience : Barum gagne la résistance au roulement et le bruit extérieur ; Michelin suit

À propos des « jumeaux » : Kormoran vs Riken. Avec une bande de roulement, un poids et une usine quasi identiques, leurs scores se sont retrouvés quasiment superposés dans toutes les catégories, confirmant qu’il s’agit essentiellement de la même recette avec des flancs différents. Ils se sont placés juste derrière les leaders sur neige et sur mouillé — respectables, prévisibles et d’un bon rapport qualité/prix si vos attentes sont calibrées.

Tomket termine dernier au général. Le pneu s’est tout simplement effondré sur mouillé (par ex., 67,2 m en freinage sur mouillé depuis 100 km/h — alors que le Michelin était déjà à l’arrêt, le Tomket roulait encore à ~47 km/h). Il a également décroché sur neige. Se focaliser sur ses performances sur sec fait manquer la vue d’ensemble en matière de sécurité ; l’hiver, ce sont les jours les plus critiques qui comptent, et c’est là que le déficit du Tomket est trop important pour être ignoré.

  • Kormoran & Riken : comme attendu, performances quasi identiques, milieu de tableau sur la plupart des tests
  • Tomket : fort sur sec, mais grand écart de sécurité sur mouillé/neige → non recommandé

Classement final et enseignements (sur la base des scores composites d’Autožurnál)

  1. Michelin Alpin 7 — 101,1 : Gagne sur mouillé et sur sec, 4e sur neige. Le pneu hiver pour SUV le plus complet ici si vous cherchez de l’assurance sous la pluie et sur asphalte froid/dégagé sans sacrifier la crédibilité hivernale.
  2. Barum Polaris 6 — 100,0 (référence) : Véritable star sur neige, 2e sur sec, 4e sur mouillé au global mais avec une victoire notable en aquaplanage latéral. Aussi le meilleur en résistance au roulement et en bruit extérieur — excellente économie d’usage au quotidien.
  3. CEAT WinterDrive SUV — 99,1 : Grosse surprise en valeur ; meilleur temps en freinage sur sec à égalité, constamment solide sur mouillé, correct sur neige.
  4. Lassa Competus Winter 2+ — 98,1 : Autre bon plan — 2e au global sur mouillé, milieu de peloton ailleurs ; équilibre fiable. 5/6) Kormoran SUV Snow — 96,6 et Riken SUV Snow — 96,0 : Essentiellement le même pneu ; comportement hivernal sain et prévisible, un cran derrière les meilleurs.
  5. Tomket Snowroad SUV 3 — 93,7 : Le rythme sur sec est correct, mais les critères de sécurité sur neige et surtout sur mouillé plombent l’ensemble — Autožurnál le note « Zlý / Bad ».
  • Meilleur polyvalent : Michelin Alpin 7
  • Meilleur pour neige + faible RR/silence : Barum Polaris 6 (★83)
  • Meilleurs rapports valeur/prix : CEAT WinterDrive SUV, Lassa Competus Winter 2+

Notes issues des données (référentiel Barum = 100) :

  • Freinage sur mouillé (100→0 km/h) : Michelin 103,6 ; CEAT 100,1 ; Lassa 100,7 ; Tomket 87,2
  • Aquaplanage long./lat. : Michelin 107,6/102,1 ; Barum gagne l’aquaplanage latéral avec 100 (référence de la catégorie)
  • Freinage sur sec (100→0 km/h) : CEAT 44,9 m (= top), Michelin aussi 44,9 m ; Tomket 45,6 m ; Lassa 48,3 m
  • Freinage sur mouillé (100→0 km/h) : Michelin 52,4 m ; CEAT 55,2 m ; Lassa 55,4 m ; Barum 56,3 m ; Tomket 67,2 m
  • Résistance au roulement & bruit : Barum 100/100 (meilleur) ; Michelin 101,2 en RR et ~98,4 en bruit (très bon)

Si vous roulez principalement sur autoroutes mouillées et boueuses/neige fondue avec de la neige occasionnelle, Michelin Alpin 7 est un choix sûr et rassurant. Si vos hivers sont vraiment neigeux — ou si vous privilégiez un grand rouleur silencieux et efficient — Barum Polaris 6 a beaucoup de sens et tient la cadence sur sec également. CEAT et Lassa sont les coups gagnants prix/performance qui ne donnent pas l’impression de compromis au quotidien. Kormoran/Riken sont des options stables et prévisibles de milieu de tableau. Tomket ? Son pedigree sur sec ne compense pas ses lacunes sur mouillé et neige — à éviter pour un usage hivernal.